27/08/2009

Le Monde 26.08.2009 - La descente aux enfers de Grigny

La descente aux enfers de Grigny

LE MONDE | 26.08.09 | 08h35  •  Mis à jour le 26.08.09 | 15h36

 Ville symbole des banlieues françaises, parmi les plus pauvres et les plus sensibles d'Ile-de-France, la commune de Grigny, dans l'Essonne (26 000 habitants), connaît une crise budgétaire sans précédent, signe de la fragilité des quartiers les plus difficiles. Endettée, croulant sous les dépenses dues à la pauvreté et à la jeunesse de ses habitants, disposant de ressources très limitées, elle n'arrive plus à faire face à ses obligations financières. De 1,9 million d'euros en 2006, le déficit est passé à 9,8 millions en 2008 et 15,5 millions en 2009, soit un tiers du budget communal.

Cette situation, qualifiée d'"inextricable" par des experts, a conduit la préfecture de l'Essonne à prendre une mesure spectaculaire : selon nos informations, le préfet, Jacques Reiller, s'est substitué à la municipalité communiste pour régler le budget et vient de décider d'augmenter de 50 % les taxes foncières et de 44,26 % la taxe d'habitation dans la ville, suivant les recommandations de la chambre régionale des comptes (CRC) d'Ile-de-France. Cette mesure, qui prolonge des hausses de 3 % en 2007 et 10 % en 2008, également décidées par le préfet, s'accompagne de la réduction autoritaire des dépenses de personnel et des subventions aux associations.

Dans son avis sur Grigny, la CRC parle de "grave détérioration" des finances de la commune. La préfecture insiste sur le caractère "exceptionnel" de la situation. "En France, seuls deux ou trois précédents peuvent être évoqués", souligne le préfet délégué à l'égalité des chances, Eric Freysselinard. Au point que la préfecture reconnaît - avant même leur mise en oeuvre - que les mesures décidées seront insuffisantes : la hausse des impôts et les mesures d'économies devraient seulement permettre de faire redescendre le déficit à un peu plus de 10 millions d'euros.

Car Grigny n'est pas victime de la crise économique actuelle mais subit, sur le long terme, la dégradation du niveau de vie des habitants et les insuffisances de la politique de la ville. Un "effet de ciseaux" terrible, propre aux villes pauvres de banlieue : comme la population est très jeune (40 % de moins de 20 ans) et ne cesse de se paupériser (49 % de logements sociaux, 21 % de bénéficiaires de minima sociaux, etc.), les dépenses de la commune augmentent en permanence. Mais les ressources financières ne suivent pas : à nouveau comme la population est pauvre (revenu par habitant inférieur de 40 % à la moyenne), la ville dispose de recettes fiscales très limitées. "C'est tout le problème des banlieues françaises qui est résumé dans l'exemple de Grigny. Comment ces villes peuvent-elles s'en sortir sans solidarité budgétaire régionale ou nationale ?", interroge un expert des finances locales.

Un cauchemar financier quotidien pour les élus de Grigny, sous surveillance de la chambre régionale des comptes depuis 2003. "La commune est structurellement dans l'incapacité d'assumer correctement ses missions", plaide Philippe Rio, premier adjoint au maire. Notamment face à sa jeunesse : avec près de 750 naissances par an, 4 500 élèves en classes maternelles et élémentaires, la ville doit faire face à des dépenses comparables à celles d'une commune de 40 000 voire 50 000 habitants. D'où cette absurdité : alors que les résultats scolaires sont médiocres et que beaucoup d'enfants trainent seuls, le soir dans les rues, le périscolaire est réservé aux enfants dont les deux parents travaillent...

"On paye l'histoire de l'urbanisation des années 1960. Grigny était un petit village de 3 000 habitants. En six ans, avec la construction de la Grande-Borne et de Grigny-2, on est passé à 25 000 habitants sans qu'il y ait eu d'accompagnement de la part de l'Etat", raconte Philippe Rio. La ville subit aussi les conséquences de l'évolution de sa population. Les classes moyennes, qui payaient des impôts, sont progressivement parties, remplacées par des populations pauvres, non imposables, notamment des immigrés nouvellement arrivés, pour lesquels Grigny constitue une des portes d'entrée en France.

"Il y a eu, pendant très longtemps, un accord implicite entre l'Etat et la municipalité, analyse Pascal Troadec, un ancien adjoint communiste, passé dans l'opposition lors des dernières élections. D'un côté, l'Etat était très content de se débarrasser des populations difficiles et de les concentrer sur Grigny. De l'autre, la mairie en profitait pour se constituer une réserve électorale et faire du clientélisme". Un "donnant-donnant" confirmé par un responsable associatif : "On a circonscrit les problèmes sur Grigny. L'Etat se simplifiait la tâche. Les communistes étaient loin de s'en plaindre. Ça arrangeait tout le monde."

Conséquence de l'immigration, la population de la commune a augmenté. Avec beaucoup de sans-papiers. Et un nombre important d'habitants qui vivent, illégalement, dans des appartements sur-occupés. "L'Insee estime, dans son dernier recensement, que la ville compte 26 000 habitants. En réalité, nous sommes probablement plus de 30 500", explique Philippe Rio, reprenant les conclusions d'une étude indépendante. Un différentiel non pris en compte par l'Etat dans le calcul des dotations de fonctionnement, déterminées en fonction du nombre d'habitants. Soit un manque à gagner annuel de trois millions d'euros, selon la commune.

Face à ce constat, la municipalité a choisi le rapport de forces. Par deux fois, les élus ont refusé de voter leur budget, en 2007 et en 2008. Pour 2009, ils l'ont adopté mais en inscrivant des recettes qu'ils savaient être complètement fictives et en retenant des niveaux de dépenses irréalistes. Pour placer l'Etat "devant ses responsabilités" : "On a fait un budget revendicatif. Notre situation est exceptionnelle et suppose des moyens exceptionnels", clament les élus en demandant une subvention d'équilibre et des prêts à taux zéro. La préfecture a refusé ces demandes. D'abord parce qu'elle réfute le discours sur l'abandon de Grigny par l'Etat. "La commune est largement aidée depuis des années. Elle fait l'objet d'investissements considérables de la part de l'Etat", souligne le préfet délégué en donnant comme exemple les 370 millions d'euros prévus pour la rénovation urbaine. Ensuite parce qu'elle considère que la commune pourrait être mieux gérée. "Il y a un défaut de maîtrise des dépenses", constate la préfecture, reprenant les conclusions, sévères, de la CRC sur l'absence de rigueur budgétaire de la part de la mairie.

Les perdants sont les habitants. Notamment les derniers représentants des classes moyennes. Ceux que les opérations de rénovation urbaine tentent de faire revenir dans les quartiers, à coup de millions d'euros, pour apporter un minimum de mixité sociale. "La situation est ubuesque, dénonce Pascal Troadec, très critique sur l'attitude de la mairie comme sur celle du préfet. On cherche à attirer les classes moyennes mais on leur colle une hausse de 50 % des impôts. Comment voulez-vous qu'elles aient envie de venir ? C'est désespérant : on casse d'une main ce qu'on construit de l'autre."

Luc Bronner

23/04/2009

2009, Quel budget pour Grigny !

Claude VAZQUEZ, maire de Grigny, s’est engagé à ce que le budget 2009, contrairement aux années antérieures,  soit voté et voté en respectant la réalité des engagements financiers.

Promis, juré, fini les tours de passe passe qui consistent à faire glisser certaines dépenses de fonctionnement de l’exercice en cours sur l’année suivante sans rattachement. Cette pratique sur l’exercice 2008/2009 s’élève à plus de 3 millions d’euros et a pour conséquence d’augmenter le déficit réel édité au compte administratif 2008 à reporter sur le budget 2009 à voter.

Le vote du budget 2009 s’effectuera lors du conseil municipal du 28 avril au Centre Culturel Sidney Bechet. Un dit-débat sur les finances locales est proposé à la population après une pré explication par nos élus de la majorité lors de chaque conseil de voisinage depuis le début de l’année.

J’ai assisté à celui de mon quartier et devant la faiblesse de l’argumentaire pour expliciter le déficit et le maintien du discours entretenu depuis 2 décennies, il est temps de donner la parole aux chiffres.

La communication municipale sur nos difficultés financières est naturellement relayée par Notre journal « le Grigny info » qui, dans son  n°302 de février, propose une énième pétition pour le budget communal avec comme revendication « si le gouvernement est capable de mettre à disposition des banques 360 milliards d’euros, il doit être capable de répondre aux besoins des Grignois ».

Nos finances locales ont elles besoin d’un  prêt garanti par l’Etat au taux de 8% comme pour les banques en difficulté ou d’argent sonnant et trébuchant? 

L’effet d’annonces devient un mode de gouvernance, en pleine expansion, dans les temps de difficultés rencontrées par nos gouvernants nationaux ou locaux.

Le Grigny info n° 303 d’avril avec les parutions dans la presse nationale et locale de la réponse de Fardela AMARA aux revendications financières de notre Maire, lors de sa visite dans notre ville, et de la répartition de la manne dans le cadre du plan de relance et du projet urbain qui octroie à notre ville 20.8 millions sur les 35 millions attribués au département de l’Essonne a été « contraint » par son directeur de la publication Claude VAZQUEZ à  plus de pondération dans le contenu des articles abordant les finances locales.

Jadis, pour obtenir les chiffres des bilans financiers antérieurs, afin d’évaluer la gestion de nos dirigeants, cela relevait de l’impossible pour le citoyen lambda.

De nos jours, un clic sur internet et nous voilà rendu dans les entrailles du ministère des finances de Bercy http ://www.colloc.bercy.gouv.fr au milieu des comptes administratifs votés par les conseils municipaux et contrôlés par le comptable public.

Le receveur de Grigny tient seul, sous sa responsabilité personnelle et pécuniaire, la comptabilité générale de la commune.

Le débat d’orientation budgétaire, acte politique, a eu lieu, maintenant place aux chiffres car toute action municipale a une traduction budgétaire.

Il est donc nécessaire pour ceux qui désirent participer activement au débat proposé sur nos finances locales, le 28 avril, d’avoir un minimum de notions sur les grandes lignes budgétaires.

Les principes budgétaires :

        -l’annuité : 1er janvier au 31 décembre

        -l’unité : un seul document, la M14

        -l’universalité : pas d’affectation des recettes

        -l’équilibre : de chaque section et la couverture du capital des emprunts par des ressources propres et l’inscription des dépenses obligatoires

        - la sincérité : les dépenses et les recettes ne doivent pas être volontairement surévaluées, ni sous-évaluées.

Les principaux documents budgétaires

        - Le budget primitif prévoit et autorise les recettes et les dépenses pour une année. Il concrétise les choix et les orientations de la collectivité.

        - Le compte administratif enregistre les recettes et les dépenses d’une année. Il retrace l’exécution du budget.

La mécanique budgétaire

        2 sections et 3 règles d’équilibre

        - fonctionnement : dépenses = recettes

        - investissement :  dépenses = recettes

        - résultat de fonctionnement > remboursement de capital de la dette.

La section de fonctionnement :

- Dépenses 4 chapitres principaux :

                Frais de personnel (012)

                Charges à caractère général (011)

                Frais financiers (66)

                Dotation aux amortissements (68)

- Recettes 3 chapitres principaux

                Produits des services (70/71/72)

                Impôts et taxes (73)

                Dotations, subventions (74)

La section d’investissement

- Dépenses

                Remboursement du capital de l’emprunt (16-b)

                Réalisation des travaux

- Recettes

                Virement de l’excédent de la section de fonctionnement

                Dotations et subventions

                FCTVA (remboursement de la TVA par l’Etat)

                Emprunt contractés (16)

                Amortissements (14 – 28 – 29 – 49)

Le vote du budget

Les crédits sont votés par chapitre et, si le conseil municipal en décide ainsi, par article.

Toutefois, hors cas où le conseil municipal a spécifié que les crédits sont spécialisés par article, le Maire peut effectuer des virements d’article à article dans l’intérieur du même chapitre.

Exemples pris dans le compte administratif 2008, article 6251 : crédits ouverts (budget primitif) voyages et déplacement : 19 423 euros, réalisés : 34 437euros (compte administratif) - article 6184 organisme de formation : crédits alloués 107 491 euros, réalisés : 185 088 euros -  article 6226 honoraires : crédits ouverts : 14 514 euros réalisés : 76 297 euros etc.

Ces augmentations de dépenses arbitraires sont réalisées au détriment d’autres articles prévus dans le budget primitif d’où l’intérêt du compte administratif qui permet à postériori de contrôler  le respect des lignes votées car rappelez vous toute action municipale a une traduction budgétaire.

 

Les études comparatives.

Pour permettre une étude comparative significative de la gestion des  finances locales, chaque commune est intégrée dans une « strate » (catégorie) de villes de même importance qui ont les mêmes besoins envers la population.

Grigny se situe dans la strate des 20 000 à 50 000 habitants.

Par ailleurs, la première revendication de la municipalité est la non prise en compte de la population « supposée » sur Grigny soit 30200 habitants, critère important dans le calcul des dotations de l’Etat.

Donc, pour rendre plus parlant les chiffres et les tableaux, nous établirons un comparatif des montants financiers des principaux chapitres de la moyenne de la Strate, de Grigny et de Viry Chatillon.

Pourquoi Viry, 2 raisons :

1-    cette ville compte 30 500 habitants donc identique à la population revendiquée pour Grigny.

2-    elle est notre partenaire à la communauté d’agglomération donc appartenant au même groupement fiscalisé (TPU)                                   

Les comptes des communes que je publie sont les derniers connus soient 2007 avec pour Grigny une population de 24 620 habitants et de 30 529 habitants pour Viry.

 

Analyse des équilibres financiers fondamentaux.                                                                                                                                                                                                                                                    

 

Euros/ Habitant

Strate

Euros/

Habitant

Grigny

Euros/

habitant

Viry

 

OPERATIONS DE FONCTIONNEMENT

1312

1323

1294

Total des produits de fonctionnement

  451

  288

  534

 Impôts locaux

    89

    39

   67

 Autres impôts et taxes

   262

  471

  257

Dotation globale de fonctionnement (Etat)

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                          

Premier constat : au niveau des recettes nous sommes dans la moyenne de la strate grâce au montant perçu des dotations de l’Etat et ce malgré la faiblesse de nos rentrées fiscales directes.

 

Euros/ Habitant

Strate

Euros/

Habitant

Grigny

Euros/

habitant

Viry

 

OPERATIONS DE FONCTIONNEMENT

1211

1327

1336

Total des charges de fonctionnement

   648

  836

  773

 Charges de personnel (012)

   261

  219

  263

 Achats et charges externes (011)

     45

   90

   45

Charges financières (66)

   112

   98

   89

 Subventions versées

 Deuxième constat :

- Le rapport des charges en personnel sur le total des charges de fonctionnement est plus élevé de 10 points par rapport à la Strate et de 6 points par rapport à Viry

- Doublement de nos charges financières avec un endettement de 1908 euros par habitant.

- Le coût des services rendus à la population inclus dans le 011 est légèrement inférieur à la moyenne de la strate

L’explication du fort coût du 012 par la faible externalisation des services (prestations réalisées par du personnel communal) ne résiste pas à la globalisation du 011 et du 012 où nous sommes toujours au dessus de la strate et de Viry.

 

Euros/ Habitant

Strate

Euros/

Habitant

Grigny

Euros/

habitant

Viry

 

OPERATIONS D’INVESTISSEMENT

   539

  607

  307

Total des ressources d’investissement

   139

  321

      0

 Emprunts bancaires et dettes assimilées

     79

  186

    23

 Subventions reçues

     34

   24

    24

 FCTVA (remboursement de la TVA)

 

Euros/ Habitant

Strate

Euros/

Habitant

Grigny

Euros/

habitant

Viry

 

OPERATIONS D’INVESTISSEMENT

   535

  396

  323

Total des emplois d’investissements

   343

  184

    140

 Dépenses d’équipement

     113

  212

    69

 Remboursement d’emprunts

 

Troisième constat : L’emprunt supérieur au montant des travaux.    

 

Euros/ Habitant

Strate

Euros/

Habitant

Grigny

Euros/

habitant

Viry

 

ENDETTEMENT

  1060

 1908

  1138

Encours total de la dette

    155

   296

    111

 Annuité de la dette

 L’encours de la dette est le cumul des emprunts et dettes à long et moyen terme.

Evolution de la dette réelle : 1998 = 23 679 053 euros

Dette prévisionnelle           : 2009 = 46 348 675 euros.

 

Euros/ Habitant

Strate

Euros/

Habitant

Grigny

Euros/

habitant

Viry

 

ELEMENTS DE FISCALITE

     738

    591

   735

Potentiel fiscal

    1000

   1062

   992

Potentiel financier

  Le potentiel fiscal est déterminé par application aux bases communales des 3 taxes directes locales du taux moyen national d’imposition à chacune de ces taxes.

Le potentiel financier est égal au potentiel fiscal, majoré du montant de la dotation forfaitaire perçue par la commune

Les bases cadastrales sont établies par l’Etat 

Quelle synthèse peut rendre un agent de l’administration qui étudie le dossier financier de Grigny ?

 - Les recettes sont dans la moyenne de la strate (tableau N°1)

 - Les dépenses de charges courantes ne sont pas inflationnistes et légèrement inférieure à la strate (tableau N°2)

- Le potentiel fiscal est largement inférieur à la moyenne dû à la faiblesse des bases.

- Le coût en personnel est élevé malgré les transferts à la communauté d’agglomération (tableau N°2)

- Les frais financiers sont le double de la strate (tableau N°2)

- Le montant d’emprunt supérieur au montant nécessaire pour la réalisation des travaux (tableaux n°3 et 4°)

- L’annuité de la dette est plus importante que le montant du 011 « charges à caractères générales » (tableaux N° 5 et 2)

Les finances de la ville sont fortement sanctionnées par le montant de l’annuité de sa dette, de sa masse salariale et de la faiblesse de ses bases fiscales pour établir un budget en équilibre.

Le bilan

1 - Le coefficient d’auto financement, c'est-à-dire la possibilité pour la commune de financer, une fois payé l’ensemble des dépenses courantes, des opérations plus importantes.

Calcul du ratio : (charges de fonctionnement + remboursement de la dette) / Produits de fonctionnement soit pour Grigny 1.23

Le seuil d’alerte est de 1. Lorsque le ratio est supérieur à 1, la commune ne peut plus autofinancer ses investissements et doit recourir à de nouveaux emprunts, ou conduire une politique de restriction budgétaire, réduisant les possibilités de la commune dans ses actions envers la population.

2 - Le ratio de surendettement indique les marges de manœuvres pour les années à venir. Les décisions prises antérieurement ont un impact direct, à long terme sur la politique que peuvent engager les élus de la commune.

Calcul du ratio : en cours de la dette / produits de fonctionnement soit pour Grigny   1.44

Le seuil d’alerte est de 1.21

3 -Le ratio de rigidité structurelle correspond aux dépenses incompressibles auxquelles doit faire face la commune : ce sont les dépenses de personnel, les assurances, les intérêts des emprunts, le chauffage. Une gestion rigoureuse et économe des deniers publics permet de limiter ces dépenses obligatoires.

Calcul du ratio : (frais de personnel + annuité de la dette) / produits de fonctionnement soit pour Grigny  0.86

Le seuil d’alerte est de 0.65

Questions

- l’emprunt non utilisé pour les travaux sert il à couvrir le déficit de la section de fonctionnement, en clair les fournitures sont elle payées sur 20 ans ?

- quelle est le prévisionnel de l’annuité de la dette sur les cinq prochaines années ?

- La maîtrise de la gestion du personnel est elle à l’ordre du jour ?

Interrogations

- la prise en compte de la population réelle dans le calcul des dotations de l’Etat permettra seulement une mise à niveau par rapport à la strate du 011 et des subventions versées (tableau N°2) sans pour autant être la solution pour résoudre la problématique du déficit.

- La remise à l’initial du montant de la subvention de la CAF limitera le déficit du budget de la petite enfance mais ne l’éradiquera pas.

- Sans traitement de la dette y a-t-il un espoir pour les finances communales ?

Les  dotations aux collectivités locales 2009

GRIGNY               : 12 131 941 EUROS (1)

        VIRY CHATILLON  :  7 977 751 EUROS

        RIS ORANGIS       :  6 810 422 EUROS.

(1)  Le montant de la nouvelle dotation de développement urbain (DDU) dont Grigny bénéficie n’est pas inclus.

Nous constatons que tous les indicateurs sont au ROUGE malgré les dotations importantes de l’ETAT.

Si cette situation perdure les finances de la commune vont se dégrader de telle manière que la collectivité ne sera plus en mesure d’honorer ses engagements (remboursement des dettes, paiement du personnel, etc.)

 

« La démocratie ne consiste pas à mettre épisodiquement son bulletin dans l’urne, à déléguer les pouvoirs à un ou plusieurs élus, puis de se désintéresser, s’abstenir, se taire, pendant six ans. (…) La démocratie n’est efficace que si elle existe partout en même temps. Le citoyen est un homme qui ne laisse pas aux autres le soin de décider de son sort commun. Il n’y a pas de démocratie si le peuple n’est pas composé de véritables citoyens, agissant constamment en tant que tels »

Pierre Mendès-France

 

Il me reste à vous souhaiter une bonne relecture pour un débat contradictoire positif dans l’intérêt général des habitants de notre commune.

Au 28 avril au Centre Culturel Sidney Bechet.

 

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13/03/2009

BUDGET 2009 : 9 Millions de Déficit !

Pour mon 8eme débat d’orientation budgétaire, comme conseiller municipal, vous n’avez pas, monsieur le Maire, dérogé à votre credo pour expliciter les difficultés financières de notre commune :

« L’explosion démographique d’un petit village essonnien de 3000 âmes en une ville de 27000 habitants par la seule volonté de l’Etat »

D’où le slogan bien connu des Grignois :

« L’ETAT NOUS DOIT REPARATION ».

Mais, comme vous faisait remarquer, lors de sa visite dans nos murs le 10 mars de 14 h 30 à 18 heures, la Secrétaire d’Etat à la politique de la ville Mme Fadela AMARA :

« J’aurais aimé entendre, monsieur le Maire, dans vos propos de bienvenue, les chiffres de l’aide de l’Etat à Grigny.

Il ne faut pas laisser croire que l’Etat se désintéresse de votre commune, il a au contraire une attitude extrêmement bienveillante ».

Votre acharnement au toujours plus sans reconnaitre les efforts de l’Etat dans le bien être des grignois vous interdit tout début de relation de travail pérenne avec les représentants de l’Etat et cela, quelque soit la majorité en place, de droite comme de gauche y compris lors de la présence de communistes en responsabilité dans le gouvernement.

Par le simple fait que la secrétaire d’Etat n’a pas répondu à vos exigences, vous sous-entendez, en pleine séance du conseil municipal, qu’elle est venue en « villégiature ». Vous n’encouragez aucunement vos interlocuteurs, au cours de ces échanges directs, à amorcer une relation de partenaires pour un dialogue constructif avec leurs services.

Les archives du Grigny info, depuis votre premier budget en tant que premier magistrat de notre ville en 1987, retracent vos propos où vous dénonciez déjà la faiblesse de nos recettes en particulier celles générées par la taxe professionnelle.

Vous prophétisiez alors qu’avec un fort développement du tissu économique local nos ressources connaîtraient une évolution très sensible qui aurait pour conséquence immédiate :

-  la diminution du taux de la taxe d’habitation, taxe injuste, et pour acter cette injustice vous avez fait voter par le conseil municipal un abattement général de la base qui sert pour le calcul de l’impôt,

- et dans le même temps plus d’argent dans le budget de fonctionnement.

 

1995, l’Etat répond à votre demande en classant une partie importante de notre territoire zone franche. Depuis, Grigny profite pleinement de cette mesure et de ses effets, la zone des Radars est complète et les recettes rentrent.

En 2001/2002, vous avez commandé une étude sur les perceptives financières et sur l’effet ciseau qui commençait à se profiler dans les courbes prévisionnelles.

Les conclusions de ce rapport projetaient un retour à un équilibre consolidé vers 2011 avec comme vecteurs porteurs la continuité de l’accroissement des recettes de la TP avec le développement de nouvelles zones d’activités en cours et des taxes d’habitation et foncières avec des habitants solvables dans les logements en phase de construction au cœur de ville.

2003, changement de stratégie.

Création de la communauté d’agglomération des Lacs de l’Essonne avec Viry Chatillon. Adieu les recettes supplémentaires générées par la TP pour notre commune, recettes qui devaient bonifier le budget de fonctionnement pour un retour à l’équilibre mais qui, désormais, vont budgéter les investissements de la CALE.

2008, le compte administratif  affiche un déficit cumulé de 3.13 millions plus un facturier d’environ 3 millions d’euros en attente de paiement.

2009, budget prévisionnel : 9 millions d’euros de déficit

Soit 27 % de nos recettes du budget de fonctionnement avec de surcroît l’incapacité de rembourser la part du capital annuel de la dette par nos ressources propres dans le budget d’investissement.

Perspective 2010, 12 millions de déficit pour 35 millions de recettes soit le tiers de notre budget de fonctionnement d’où une nouvelle baisse des services auprès de la population.

Où est la limite de tolérance acceptable pour nous Grignois ?

IL EST TEMPS DE DECIDER

Le DOB est un acte politique majeur, majeur car :

1 – il est l’expression de la ligne directrice que compte conduire la municipalité pour modeler le devenir de notre commune

2 – il doit être le reflet des promesses et engagements électoraux portés auprès de la population.

Les nouveaux venus dans la majorité municipale, porteur d’espoir, seraient bien inspirés au moment de la préparation du budget :

 - d’engager, mieux d’imposer aux immuables depuis 1987, un travail de fond, de méthode, d’innovation sans préjugé ni tabou avec l’ensemble des élus, des grignois qui s’investissent dans le tissu local et du personnel communal responsable pour atteindre au moins 2 objectifs :

1 – de montrer une vision, un cap, de définir un projet et des actions pour créer l’espoir à un avenir dans notre commune et non de retenir, d’entériner un modèle de gestion comptable étriqué, sans saveur et sans devenir pour notre ville.

2 – d’instaurer une relation nouvelle et pérenne entre notre collectivité locale et l’Etat afin de générer une dynamique et mettre fin au « Bras de Fer »  dogmatique et stérile qui conduit notre collectivité dans l’impasse.

IL EST TEMPS DE DECIDER POURQUOI VOUS AVEZ ETE ELUS !

 

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27/06/2008

GRIGNY ATTEND TOUJOURS SON BUDGET !

Les demandes répétées de l’opposition ont enfin eu gain de cause, le débat d’orientation budgétaire est à l’ordre du jour du conseil municipal du 10 juin 2008.

Il faut savoir que Grigny, ville d’exception dans bien des domaines, l’est encore dans l’application du code qui régit les collectivités locales. Les textes imposent que les municipalités doivent voter leur budget, après un débat d’orientation, avant fin mars. Chercher l’erreur !!

Le débat d’orientation budgétaire a pour principe d’exprimer les choix politiques du Bureau Municipal et les priorités qu’il s’est fixé.

Mais ; une nouvelle fois, nous avons eu le privilège d’assister à un exposé comptable sur le budget principal, les budgets annexes et à l’autosatisfaction du Maire d’avoir respecté à la lettre les recommandations de la cour régionale des comptes, preuve d’une bonne gestion municipale malgré le déficit record, de plus de 6 millions d’euros affichés

Bien sûr, la cause du déficit a immanquablement été imputée au manque de recettes structurelles et au désengagement de l’Etat providence, aucune allusion à une remise en question de la gestion municipale.

Pourtant, les difficultés financières que connaît notre ville imposent, exigent, pour une obligation de résultat, à modifier la méthode de gestion, en faisant des choix, en définissant des axes de travail sur le moyen terme pour éviter le saupoudrage qui a pour effet d’apporter aucune amélioration significative dans aucun domaine.

Le courage politique n’est pas d’attendre exclusivement l’aide de l’Etat, aide qui se raréfie, « les caisses sont dites vides » mais de définir des priorités, d’innover dans les solutions à mettre en œuvre.

L’exemple de la petite Enfance en est la parfaite démonstration :

            L’offre est insuffisante pour répondre aux besoins de la population,

            Les structures existantes génèrent un déficit, qui au fil des exercices comptables, devient abyssal

Des solutions existent, comme je le propose depuis 2004 nous pouvons développer l’offre par des structures mixtes municipalité/secteur privé, type mini-crèches, sans accroître le déficit de ce secteur important.

Le débat d’orientation budgétaire doit donner l’image, la projection des axes prioritaires, des choix politiques et des actions à mener,

Le budget municipal, qui le suit, doit en être la matérialisation comptable.

Et, le compte administratif, sa concrétisation.

Mais de tout cela, RIEN.

Nous ne pouvons que regretter que le DOB 2008 a fini, comme tant d’autre, par une énième motion en attendant un nouvel avis de la CRC.

Pourtant, la majorité en place l’a clamé haut et fort pendant la campagne des municipales 

« L’avenir de Grigny c’est sérieux »

Alors prenez vos responsabilité, faites des choix politiques clairs, précis, en concordance avec vos engagements électoraux pour répondre aux besoins de la population et à des objectifs présentant une valeur ajoutée significative.

C’est cela le rôle d’un DOB

22:51 Publié dans Action municipale | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : budget | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook