05/09/2009

GRIGNY, LA DECENTE AUX ENFERS! A QUI LA RESPONSABILITE?

A la suite de l’annonce du déficit budgétaire de 15 millions d’euros et de la décision du préfet d’augmenter  de 50 % la taxe foncière et de 44,26 % la taxe d’habitation, le Monde du 26 aout 2009 publiait « GRIGNY, LA DESCENTE AUX ENFERS ». Avec un titre digne d’un roman de série noire, le journal était certain d’éveiller l’intérêt d’une multitude de lecteurs. L’histoire était-elle pour autant à la hauteur de l’intérêt  éveillé chez le lecteur ?!

A Grigny, le déficit des finances  objet du bras de fer engagé par notre municipalité envers l’Etat est-il de l’ordre d’excès d’altruisme, d’imposition idéologie communiste ou de langueur de l’Etat par complaisance envers cette cité confrontée aux maux générés par un urbanisme imposé et non maitrisé des commis de l’État au fil des ans…

La même question se pose pour nombre de communes de la petite et de la grande couronne qui sont ou vont être confrontées aux difficultés de l’équilibre budgétaire sans couper les prestations de services minimum assurées à leurs concitoyens les plus défavorisés.

Pour ma part, la situation actuelle est une des conséquences d’une connivence implicite des deux parties.

Comment l’expliquer autrement alors que la loi oblige  les collectivités locales  à présenter un  budget en équilibre, sous peine de sanctions, et que le Préfet, sur les recommandations de la cour régionale des comptes, arrête le budget municipal de Grigny depuis plusieurs exercices avec un déficit en accroissement constant ?

La municipalité de GRIGNY a joué au chat et à la souris, avec la Cour Régionale des Comptes (CRC), et  n’a finalement respecté aucun de ses engagements !

Au cours des années antérieures, notre municipalité, avec un défaut de recettes et un excès de dépenses, chroniques, a obtenue l’approbation de ses budgets de la part de la CRC, moyennant la mise en œuvre de recommandations faiblement contraignantes de nature à éviter l’emballement des dépenses de fonctionnement et à limiter la croissance  des frais financiers générés par les emprunts engendrés par les  investissements.

Pour « répondre » aux exigences de la CRC, se donner un label de bon gestionnaire, communiquer sur cette reconnaissance et en tirer profit pour accentuer sa politique, la municipalité de Grigny a, chaque fin d’année, reporté nombre de factures sur l’exercice à venir.

Cette stratégie du chat et de la souris complétée  d’un bras de fer avec l’Etat, se traduisant depuis ces deux dernières années par le refus de voter son budget, ne pouvait qu’obligeait le préfet de respecter la loi.

Cette obligation le contraignait, entre autre, à prendre la mesure impopulaire d’ajuster à la hausse les taux d’imposition pour atténuer la dette en lieu et place du Maire pendant que ce dernier, dans le même temps, votait dans le confort de l’anonymat de la majorité l’augmentation des impôts au Conseil Général dont il ne voulait pas pour sa commune !

Seulement, cette pratique trouve ses limites dans une projection de court terme avec la contrainte forte d’une  croissance exponentielle du déficit.

Cette année, devant l’ampleur de celui-ci, le Maire s’est trouvé dans l’obligation de changer de stratégie en présentant  la réalité des dépenses en y intégrant le déficit réel mais, pour pouvoir  présenter son budget au vote du conseil municipal il décide d’afficher en contre partie des recettes fictives, recettes qui  assoiront  l’équilibre budgétaire.

Un budget a l’obligation d’être équilibré et sincère  et, devant cet impossibilité, le budget est affiché comme un budget revendificatif sur le thème des difficultés structurelles et d’exigences de complément de dotations dues.

Devant l’attitude et les jongleries comptables de la municipalité, l’ego des membres de la CRC a été mis à mal et ils ont réagit violemment et sévèrement dans leurs recommandations.

Le préfet, au lieu de proposer un échelonnement de la hausse, a suivi dans sa globalité l’avis de la CRC. Cette décision aura par conséquent des répercussions désastreuses en précarisant la situation d’une nouvelle frange de la population « solvable » de Grigny et soldera l’espoir de la venue des classes moyennes.

Le préfet se justifie en mettant en avant l’aide considérable apportée par l’Etat pour l’investissement. Le fait est exact mais cache que toute aide de l’Etat n’était acquise qu’à la condition que la municipalité apporte son éco de 10 à 50 % dans le financement des projets.

Pour la Municipalité le choix était tentant : équipements à faible coût pour la collectivité,  perspectives d’une mixité sociale avec des rentrées financières, effet d’affichage et de communication faciles, etc.

Mais en se lançant sur ces projets avec ces 10 à 50 % de financements obligatoires pour les investissements, ajoutés aux répercussions directes de ces investissements sur le budget de fonctionnement, d’une gestion approximative et clientéliste, la Municipalité a conduit irrémédiablement la Ville au surendettement, car les projets n’ont pas répondu aux rentrées financières imaginées par son maitre d’ouvrage, le Maire Claude VAZQUEZ.

Le déficit s’est sans cesse creusé au fil des opérations, depuis la création de la politique de la ville et ses multiples plans, sans que les autorités de l’État ne lèvent le petit doigt.

La situation « inextricable » de nos finances locales ne peut trouver sa résolution dans la hausse constante des taux d’imposition et dans la réduction des prestations à la population proposées par les autorités de l’Etat. 

Le traitement de la dette, une gestion innovante et rigoureuse, des choix clairs dans les objectifs avec des évaluations permanentes  et des relations constructives avec l’Etat sont les éléments nécessaires et indispensables pour s’extraire de cette spirale  du surendettement.

22:34 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, grigny, finances | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

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Commentaires

Je découvre votre article que je trouve instructif et effrayant.Effrayant de voir le maire en place faire du déficit son "fond de commerce". Une politique à courte vue qui nous a emmenée droit dans le mur.
Les solutions préconisés serons douloureuses, il faut que l'état nous aide.

Ecrit par : malik91 | 06/09/2009

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Merci de nous synthétiser cet imbroglio et bon courage pour la suite.

Ecrit par : Teo Toriatte | 10/09/2009

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L'annonce de cette augmentation décidée unilatéralement par le Préfet a, en effet, provoqué une très vive émotion dans la population et mis la ville en ébullition.
Sans statuer sur les causes, des habitants se sont spontanément réunis dans un collectif pour combattre la conséquence : l'augmentation brutale et excessive qui, de l'avis de tous, même du Préfet, sera inefficace et dangereuse pour l'avenir de la Ville.
Un rendez-vous a été obtenu dans l'urgence, le 30.09.09 à 17.30 avec le Préfet.
Le collectif lui remettra la pétition porteuse du refus ferme des habitants de voir hypothéquer l'avenir de leur ville. Cette pétition a déjà recueillie + de 2.500 signatures en quelques jours !
Pour en savoit plus, notre Blog : http://collectifs999.blogspot.com/

Ecrit par : Collectif 100% CONTRE ! | 24/09/2009

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