27/08/2009
Le Monde 26.08.2009 - La descente aux enfers de Grigny
La descente aux enfers de Grigny
LE MONDE | 26.08.09 | 08h35 • Mis à jour le 26.08.09 | 15h36
Ville symbole des banlieues françaises, parmi les plus pauvres et les plus sensibles d'Ile-de-France, la commune de Grigny, dans l'Essonne (26 000 habitants), connaît une crise budgétaire sans précédent, signe de la fragilité des quartiers les plus difficiles. Endettée, croulant sous les dépenses dues à la pauvreté et à la jeunesse de ses habitants, disposant de ressources très limitées, elle n'arrive plus à faire face à ses obligations financières. De 1,9 million d'euros en 2006, le déficit est passé à 9,8 millions en 2008 et 15,5 millions en 2009, soit un tiers du budget communal.
Cette situation, qualifiée d'"inextricable" par des experts, a conduit la préfecture de l'Essonne à prendre une mesure spectaculaire : selon nos informations, le préfet, Jacques Reiller, s'est substitué à la municipalité communiste pour régler le budget et vient de décider d'augmenter de 50 % les taxes foncières et de 44,26 % la taxe d'habitation dans la ville, suivant les recommandations de la chambre régionale des comptes (CRC) d'Ile-de-France. Cette mesure, qui prolonge des hausses de 3 % en 2007 et 10 % en 2008, également décidées par le préfet, s'accompagne de la réduction autoritaire des dépenses de personnel et des subventions aux associations.
Dans son avis sur Grigny, la CRC parle de "grave détérioration" des finances de la commune. La préfecture insiste sur le caractère "exceptionnel" de la situation. "En France, seuls deux ou trois précédents peuvent être évoqués", souligne le préfet délégué à l'égalité des chances, Eric Freysselinard. Au point que la préfecture reconnaît - avant même leur mise en oeuvre - que les mesures décidées seront insuffisantes : la hausse des impôts et les mesures d'économies devraient seulement permettre de faire redescendre le déficit à un peu plus de 10 millions d'euros.
Car Grigny n'est pas victime de la crise économique actuelle mais subit, sur le long terme, la dégradation du niveau de vie des habitants et les insuffisances de la politique de la ville. Un "effet de ciseaux" terrible, propre aux villes pauvres de banlieue : comme la population est très jeune (40 % de moins de 20 ans) et ne cesse de se paupériser (49 % de logements sociaux, 21 % de bénéficiaires de minima sociaux, etc.), les dépenses de la commune augmentent en permanence. Mais les ressources financières ne suivent pas : à nouveau comme la population est pauvre (revenu par habitant inférieur de 40 % à la moyenne), la ville dispose de recettes fiscales très limitées. "C'est tout le problème des banlieues françaises qui est résumé dans l'exemple de Grigny. Comment ces villes peuvent-elles s'en sortir sans solidarité budgétaire régionale ou nationale ?", interroge un expert des finances locales.
Un cauchemar financier quotidien pour les élus de Grigny, sous surveillance de la chambre régionale des comptes depuis 2003. "La commune est structurellement dans l'incapacité d'assumer correctement ses missions", plaide Philippe Rio, premier adjoint au maire. Notamment face à sa jeunesse : avec près de 750 naissances par an, 4 500 élèves en classes maternelles et élémentaires, la ville doit faire face à des dépenses comparables à celles d'une commune de 40 000 voire 50 000 habitants. D'où cette absurdité : alors que les résultats scolaires sont médiocres et que beaucoup d'enfants trainent seuls, le soir dans les rues, le périscolaire est réservé aux enfants dont les deux parents travaillent...
"On paye l'histoire de l'urbanisation des années 1960. Grigny était un petit village de 3 000 habitants. En six ans, avec la construction de la Grande-Borne et de Grigny-2, on est passé à 25 000 habitants sans qu'il y ait eu d'accompagnement de la part de l'Etat", raconte Philippe Rio. La ville subit aussi les conséquences de l'évolution de sa population. Les classes moyennes, qui payaient des impôts, sont progressivement parties, remplacées par des populations pauvres, non imposables, notamment des immigrés nouvellement arrivés, pour lesquels Grigny constitue une des portes d'entrée en France.
"Il y a eu, pendant très longtemps, un accord implicite entre l'Etat et la municipalité, analyse Pascal Troadec, un ancien adjoint communiste, passé dans l'opposition lors des dernières élections. D'un côté, l'Etat était très content de se débarrasser des populations difficiles et de les concentrer sur Grigny. De l'autre, la mairie en profitait pour se constituer une réserve électorale et faire du clientélisme". Un "donnant-donnant" confirmé par un responsable associatif : "On a circonscrit les problèmes sur Grigny. L'Etat se simplifiait la tâche. Les communistes étaient loin de s'en plaindre. Ça arrangeait tout le monde."
Conséquence de l'immigration, la population de la commune a augmenté. Avec beaucoup de sans-papiers. Et un nombre important d'habitants qui vivent, illégalement, dans des appartements sur-occupés. "L'Insee estime, dans son dernier recensement, que la ville compte 26 000 habitants. En réalité, nous sommes probablement plus de 30 500", explique Philippe Rio, reprenant les conclusions d'une étude indépendante. Un différentiel non pris en compte par l'Etat dans le calcul des dotations de fonctionnement, déterminées en fonction du nombre d'habitants. Soit un manque à gagner annuel de trois millions d'euros, selon la commune.
Face à ce constat, la municipalité a choisi le rapport de forces. Par deux fois, les élus ont refusé de voter leur budget, en 2007 et en 2008. Pour 2009, ils l'ont adopté mais en inscrivant des recettes qu'ils savaient être complètement fictives et en retenant des niveaux de dépenses irréalistes. Pour placer l'Etat "devant ses responsabilités" : "On a fait un budget revendicatif. Notre situation est exceptionnelle et suppose des moyens exceptionnels", clament les élus en demandant une subvention d'équilibre et des prêts à taux zéro. La préfecture a refusé ces demandes. D'abord parce qu'elle réfute le discours sur l'abandon de Grigny par l'Etat. "La commune est largement aidée depuis des années. Elle fait l'objet d'investissements considérables de la part de l'Etat", souligne le préfet délégué en donnant comme exemple les 370 millions d'euros prévus pour la rénovation urbaine. Ensuite parce qu'elle considère que la commune pourrait être mieux gérée. "Il y a un défaut de maîtrise des dépenses", constate la préfecture, reprenant les conclusions, sévères, de la CRC sur l'absence de rigueur budgétaire de la part de la mairie.
Les perdants sont les habitants. Notamment les derniers représentants des classes moyennes. Ceux que les opérations de rénovation urbaine tentent de faire revenir dans les quartiers, à coup de millions d'euros, pour apporter un minimum de mixité sociale. "La situation est ubuesque, dénonce Pascal Troadec, très critique sur l'attitude de la mairie comme sur celle du préfet. On cherche à attirer les classes moyennes mais on leur colle une hausse de 50 % des impôts. Comment voulez-vous qu'elles aient envie de venir ? C'est désespérant : on casse d'une main ce qu'on construit de l'autre."
Luc Bronner
20:53 Publié dans Action municipale | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : tutelle, grigny, essonne, budget |
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14/08/2009
Naturalisés français, à part entière pour les devoirs mais non pour les droits?
Le français naturalisé qui souhaite inviter en France, pour un court séjour, un des membres de sa famille, va constater au moment de la demande d’un visa touristique que la politique d’immigration choisie prônée par SARKOZY et conduite par l’homme d’ouverture BESSON a de regrettables conséquences « collatérales » pour nombre de Français.
Les règles administratives pour qu’un visa touristique ne soit pas détourné de sa fonction première, étaient déjà sévères. Les consuls les plus diligents et zélés de la France en poste dans les Pays émergents ont pris l’initiative de les améliorer radicalement en ne délivrant plus le visa touristique qu'à minima, soit en imposant des contraintes supplémentaires au dossier initial, soit en modifiant le contenu du dossier, soit en finissant par prétexter, si besoin est, un dépassement de quotas, totalement invérifiables.
L’ensemble des pièces justificatives à fournir pour une demande de visa (domiciliation, conditions d’hébergement, lien de parenté, ressources du foyer fiscal, assurances, billet A/R, etc.) doivent être visé par le Maire de votre commune pour valider votre droit d’accueil.
Votre billet d’avion doit être acheté au prix fort, pour vous permettre d’être remboursé en cas de rejet de votre demande par l’administration. Vous devez aussi souscrire avant toute décision, aux assurances maladie et rapatriement exigées. A l’issue de ce parcours, vous obtiendrez seulement la validation de votre dossier et non son acceptation.
Il reste à passer l’épreuve du consulat ! Si vous imaginez, qu’en vous rendant dans votre pays d’origine, pour appuyer la demande de visa de la personne de votre famille, tout sera plus facile, vous rêvez !
Vous risquez d’avoir dès le passage en douane, un avant goût de la face sombre et obtue de l’administration française, comme c’est arrivé récemment à un français parti faire un séjour familial dans son pays d’origine avec un passeport français, qui s’est vu réclamer avec insistance une carte de séjour.
Une fois sur place, vous aller découvrir qu’il faut maintenant prendre rendez-vous avec le consulat Français, par l’intermédiaire d’une société de service privé, en appelant par téléphone, uniquement à partir d’un fixe, un numéro facturé à un tarif exorbitant.
Le jour du rendez-vous, le premier travail de l’employé qui vous reçoit avec le membre de votre famille, sera de le ficher comme un criminel : avant d’examiner le dossier, il prend les empreintes des dix doigts du demandeur et le photographie. Ensuite, il examine les pièces du dossier, les trie, vous en restitue quelques unes sous prétexte qu’elles ne sont pas nécessaires. Interloqué, le Naturalisé peut toujours réclamer une explication, étant donné que ces pièces faisaient partie de la liste des pièces demandées lors de la demande de visa. On ne lui répondra pas ; l’employé lui signifiera simplement qu’il pourra récupérer le ou les passeports sous 48 heures.
Le Jour J, vous vous rendez au consulat. Ne vous étonnez pas d’attendre debout, à l’extérieur sous les intempéries, plus de 2 heures, l’arrivée d’un planton chargé de vous remettre le passeport et son visa à travers une ouverture dans le grillage.
Ce n’est pas sans stupeur que vous constaterez qu’on vous remet sans autre explication le passeport avec l’inscription de la date du dépôt de la demande et non le visa !
Difficile d’obtenir quelqu’un qui veuille bien vous expliquer ce que vous prenez pour une décision arbitraire ! Mais quand bien même vous l’aurez obtenu, ce sera « Dossier présenté incomplet » !
Bravo pour l’employé du Consulat qui vous a trompé, menti en vous déclarant que les pièces que vous lui avez fournies n’étaient pas nécessaires ! Bravo à son employeur qui ne ressort pas grandi de cette manière de procéder vile, honteuse, indigne d’une nation qui inscrit sur ces frontons « Liberté – Égalité – Fraternité » qui se comporte comme le dernier des goujats et méprise des droits aussi élémentaires que :
· Liberté de jouir de ses droits familiaux sans restriction,
· Non discrimination des citoyens et égalité de traitement entre français de souche et ceux qui ont fait le choix de le devenir,
Pensiez-vous élire des députés pour faire les lois et défendre le droit du peuple des citoyens ?
J’ai interpellé au cours d’une réunion publique la députée UMP de la 7 ème circonscription de l’Essonne sur ce sujet : bien entendu elle compatie à ces douloureuses situations, plusieurs cas lui ayant été déjà rapportés, mais rien ne peut être entrepris car la loi autorise l’administration à prendre des décisions sans avoir a se justifier auprès de ces citoyens.
Quant au député socialiste de ma circonscription, la 10 ème, j’attends toujours sa réponse pour une simple demande de rendez vous.
En France, la grandeur des grands c’est de ne rien répondre ou de répondre à côté, et de faire les canards…
Diffusez et communiquez cet article autour de vous pour que tout simplement chaque citoyen soit respecté, particulièrement par ceux qui sont les plus hauts placés : consuls, députés, ministres de droite ou ex de gauche, président de la république !
Le Ministre de l’Immigration se doit de mettre fin à ces pratiques déplorables qui avilissent la patrie des droits de l’homme en reconnaissant simplement le fait que toute demande de visa déposé par un Français, répondant aux exigences demandées et validé par les services de l’administration métropolitaine vaut quitus pour la délivrance d’un visa d’entrée dans notre territoire.
La politique de l’Immigration choisie et le mode d’application condamnent les Français naturalisés à une rupture implicite du lien familial qui les unit à ceux qui ont fait le choix de rester au pays. Le gouvernement doit extraire du quota de visas touristiques les membres des familles des Français Naturalisés.
La famille est et doit rester une valeur fondamentale dans notre pays.
Les Français Naturalisés, à part entière pour les devoirs mais aussi pour les droits.
21:22 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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