17/01/2009
GRIGNY Des Voeux "revendicatifs"
Cette année, pour fêter la nouvelle année, le maire, Claude Vazquez, a décidé, à l’image d’autres villes, de remplacer la traditionnelle cérémonie de vœux à la population par des « vœux revendicatifs ».
Vœux revendicatifs, pour dénoncer le manque de moyens financiers de notre commune, les conséquences de la crise du capitalisme et des réformes du gouvernement sur les « sujets » grignois.
Les invitations sont accompagnées d’une lettre explicative pour motiver les acteurs locaux de l’importance de la démarche et de solliciter une implication franche et massive pour en assurer le succès.
Jour J, le lundi 12 janvier à 19 heures au Centre Culturel Sidney Bechet.
Le décor est sobre, le buffet exempt de petits fours, l’orchestre absent, la crise est là, la récession des moyens festifs s’impose à nous.
Mais quelle déception !
Le premier bémol est l’absence de 16 conseillers sur 36, le message a-t-il déjà des dissonances après seulement 9 mois de gouvernance?
Cérémonie qui suscitait la nouveauté. Cérémonie qui devait nous amener à rêver par l’engagement qui s’imposait à nous. Cérémonie qui promettait par son concept de nous influer l’énergie, la volonté de travailler et de mener les actions afin de créer les conditions nécessaires au dialogue avec l’Etat.
De cela rien !
La cérémonie est une pâle mise en scène du « Temps Fort Annuel », qui a lieu dans ce même espace, et qui n’a jamais concouru à améliorer ou faire avancer la situation financière de notre commune. Situation qui, bien au contraire, se détériore d’année en année avec un déficit budgétaire de 6 millions d’euros en 2008 et ….combien en 2009 ?
La population est donc sommée de signer une pétition qui dénonce les milliards d’euros prêtés par l’Etat à nos banques, origine de la crise économique actuelle, et ce même Etat qui rechigne à travailler avec les représentants de la ville de Grigny pour répondre aux propositions financières de la municipalité de quelques millions d’euros.
Chaque année, la municipalité réitère sa pétition à « grands cris » de communication pour se donner l’image d’une municipalité active et combattive. Cette méthode relève d’un comportement de « looser » ou de jusqu’au boutiste.
L’Etat et la municipalité jouent le statut quo et attendent l’inéluctable, où seul le facteur temps est incertain.
Les seuls perdants sont et seront les grignois qui auront le triste plaisir de voir les impôts locaux croître proportionnellement au déficit enregistré au budget communal avec pour seule certitude que cette perte de pouvoir d’achat supplémentaire n’aura aucune influence sur l’amélioration de la situation financière déficitaire de notre ville.
La seule nouveauté !
La prise de parole par 3 intervenants après le discours du maire de Grigny.
Le premier, le « camarade » Gabriel Amar, président de la communauté d’agglomérations des Lacs de l’Essonne, clame son admiration pour le courage et l’opiniâtreté du peuple de Grigny, conduit par son maire Claude Vazquez, dans sa lutte contre la « politique de casse » du petit Nicolas, suivi de l’énoncé des bienfaits générés, sur notre quotidien, de la politique menée par la CALE qu’il a le plaisir de diriger.
Nous ne pouvons qu’être satisfaits, à ses propos, de sa conversion au bien fondé « de la théorie Bortolienne » sur la maitrise du foncier qui nous évite de subir la dure loi des promoteurs.
Seulement, lorsque l’on demande une évaluation des apports de la CALE, depuis sa création pour notre ville, nous obtenons systématiquement une non réponse.
Je vous rappelle que dans les études et les perspectives financières menées avant 2002 pour le redressement des finances communales, la taxe professionnelle présentait, sous la double action de l’instauration de la zone franche et de la maîtrise du foncier, une croissance forte capable d’apporter les recettes nécessaires à l’équilibre du budget de fonctionnement, point faible de nos finances actuelles.
A ce jour, toute nouvelle recette générée par la taxe professionnelle sur notre territoire, après 2003, tombe dans l’escarcelle de la CALE et représente sa principale rentrée fiscale. La communauté d’agglomération gère les compétences et équipements transférés par les villes dont les dépenses incombaient plus particulièrement à la section d’investissement.
Il est temps de procéder à un audit pour évaluer les effets de cette alliance.
Ce qui nous permettrait de s’assurer qu’elle n’est pas à l’origine de l’impossibilité du redressement de nos finances de fonctionnement prévues dans les conclusions des études menées antérieurement.
Le deuxième intervenant, une enseignante de l’école primaire, dénonce la réforme Darcos qui va détruire l’école de la république au profit de l’école privée, supprimer la maternelle, etc.
Elle nous propose pour montrer notre solidarité et marquer notre refus à cette énième proposition de réforme un remake de l’action du lycée Einstein de St Geneviève des bois soit deux veillées dans des écoles élémentaires de notre bonne ville, courant janvier.
La constante dans le monde éducatif est que, quelque soit le ministre en exercice depuis mai 68, les réformes se succèdent et suscitent la contestation au nom de l’enfant sans pourtant répondre à la question essentielle de l’amélioration, dans les faits, de l’acquisition des savoirs élémentaires par l’enfant avant son entrée au collège et de nos jeunes à l’université.
Le troisième intervenant, un personnel communal féminin, dénonce la faiblesse voir l’absence de moyens pour accomplir pleinement leur mission de service public auprès de la population.
Pour illustrer cette réalité quotidienne, elle nous conte l’histoire récente d’un architecte en visite dans les bureaux du service technique et, qui demande un compas pour tracer un demi-cercle. Mais oh stupeur ! Le budget fournitures ne permet de telles dépenses et devant cette impossibilité d’achat de fourniture, le personnel se doit d’être inventif pour se forger lui-même les outils manquants et nécessaires à leur mission soit dans le cas présent une ficelle et un bout de crayon à papier.
Caricaturer nos services ou jouer le misérabilisme pour dénoncer le manque de moyens financiers et de gestion de la ville porte plus au ridicule qu’à une valeur ajoutée à ces vœux revendicatifs.
Le temps des revendications s’achève, le buffet est ouvert et les coupes de champagne virevoltent.
SARKO fait des émules « agitation vaut action ».
A quand la prochaine pétition !!
15:15 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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