14/12/2008

EGALITE DES CHANCES

Dans le cadre de la semaine pour la promotion de l’égalité des chances (quel beau produit de marketing) orchestré par le conseil régional, la ville de Grigny par l’intermédiaire de son maire adjoint, monsieur LAATIRISS,  a organisé une rencontre intitulée « comment améliorer les relations entre les institutions et la population grignoise ».

Les institutions ont répondu présent :

            Le directeur de cabinet du préfet,

            Le procureur adjoint du parquet d’Evry,

            Le commissaire de police de Juvisy,

            Le major des pompiers de la caserne de Brétigny,

            La suppléante du député de la 10 ème circonscription,

Le maire de la commune de grigny.

Côté population :

            Des maires adjoints et des conseillers municipaux,

            Quelques présidents d’association

            Du personnel communal,

            Et enfin des jeunes, peu nombreux, qui dans leur majorité étaient membres ou sympathisants actifs  de la liste du Parti des Grignois, présente aux dernières municipales.

 

Après une introduction par le maire adjoint à la citoyenneté, le débat est conduit par la responsable ressources du pôle de la politique de la ville du département qui propose de l’aborder sous 3 angles :

            La santé

            Les relations entre les forces de l’ordre et la jeunesse

            L’éducation.

 

Le droit à la santé.

Malgré le constat partagé depuis des années, par les institutionnels, sur les causes et les conséquences pour la population grignoise de la désertification de l’offre de soins sur notre territoire, les responsables municipaux et du groupement d’intérêt public réitèrent leurs discours entretenus «  des pistes sont ouvertes, des études sont en cours, … mais toujours aucune réponse à court terme et encore moins de propositions à moyenne et longue échéance.

Les autorités, pour seule réponse, se retranchent sur « l’insécurité » de nos quartiers qui générait de la peur chez les praticiens et utilisent de ce fait leur droit de retrait pour danger à leur personne et de leur impossibilité, en tant qu’autorité publique, d’exercer une contrainte de par leur statut d’ordre privé.

Cela n’empêche pas certains organismes, tel SOS médecins, de profiter des avantages financiers que leur apporte leur installation en zone franche urbaine des Radars à Grigny.

 

Je ne peux que regretter qu’aucune démarche, dans le cadre de l’agence nationale de renouvellement urbain, ne soit amorcée pour pallier à la désertification médicale qui s’accentue sur notre territoire auprès d’une population en situation de grande précarité et d’absence de moyens de transport.

 

Les relations entre notre jeunesse et les forces de l’ordre.

Ce deuxième item s’oriente, dès son démarrage, sur le fait que les policiers sont des professionnels et qu’ils ne doivent pas se mettre au même niveau que les jeunes.

Le commissaire réplique que les forces de l’ordre qui interviennent dans nos quartiers sont jeunes et manquent d’encadrements expérimentés. Le débat continue à fleuret moucheté sur le tutoiement, le respect avec en point d’orgue l’opposition entre les « bienfaits » de la police de proximité et « l’agression » des forces d’interventions.

Les autorités réaffirment que le ressentiment de peur éprouvé par la population pour d’éventuelles représailles des minorités agissantes, malgré le témoignage sous X, rend leur tâche plus difficile pour appréhender les coupables d’actes délictueux comme pour l’attaque du Fournil.

 

Il est dommage que l’échange reste sur le ressenti, le visible mais estompe les origines et les causes de la rébellion ou du défi à l’autorité.

 

Le troisième point l’éducation.

Le commissaire l’introduit par la question de savoir s’il est normal de trouver des enfants âgés de moins de 10 ans à 23 heures dehors et que la police ait l’obligation de ramener les enfants aux parents au détriment de missions de sécurité.

Le mode d’éducation des enfants et la responsabilisation des parents reviennent comme un boomerang dans le débat.

Que les modes culturels influencent l’éducation est évident mais de là à laisser croire ou à faire croire que les parents ne sont pas capables de comprendre et de s’adapter aux contraintes de la vie occidentale et urbaine relève dans un cas de la désinformation, et, de l’autre, sous estiment les populations issues de l’immigration.

Que des enfants soient confrontés à une opposition de culture  entre l’influence de l’école et celle du foyer familial est une réalité. Il est certain que cette opposition de référentiels déconnecte certains et les amène à ressentir un besoin de s’exprimer à travers le groupe, de créer leurs propres règles sociétales par le prisme déformant des images reçues par les médias et de s’opposer à l’autorité traditionnelle.

Pourquoi en général, les adolescents immigrants par regroupement familial posent moins de problèmes que nos jeunes français de parents immigrés ? La question mérite réponse !

 

Avant de partir, le Maire réaffirme, une nouvelle fois, devant les représentants institutionnels  son credo du manque de moyens financiers comme cause essentielle de l’impuissance de notre ville à faire front à l’ensemble des problématiques subies.

Il ne demande pas à l’Etat de se substituer à ses  obligations mais que l’Etat lui donne les moyens de les assumer.

 

Sur ce, la conclusion de la langue de bois s’impose, débat riche qui doit en appeler d’autres, etc , etc….

 

Il est regrettable que cette excellente initiative n’a pas fait l’objet d’actions transversales avec l’ensemble des services municipaux, les responsables associatifs, les conseils de quartiers, les jeunes des collèges et autres pour impliquer la population de 12 à 77 ans sur des sujets qui touchent leur quotidien  et  l’image de leur ville.

Encore une bonne intention qui sera sans lendemain constructif.

 

Une collation fut offerte par la mairie à l’ensemble des participants. Seul le procureur adjoint du parquet d’Evry reste converser avec les jeunes sur la justice et sur l’actualité jusqu’à la fermeture des portes.

 

La présence et le débat sans formalisme sont encore les meilleurs des arguments pour vaincre les aprioris.

22:58 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook